01/12/2011

Ma rousse

Le bonheur ne tient qu’à un rêve simple : La nature et les bêtes

    Je suis là, paisible dans mon jardin. Je me dis que j’ai bien de la chance de vivre dans une maison entourée de champs encerclés d’une forêt. Cette chance, je la dois à mes parents, qui presque tous les week-ends m’emmenaient pique niquer dans les bois, après avoir ramassé des champignons. Mon papa préférait les chanterelles et les bolets. J’aime l’odeur humide des forêts.

Mon jardin n’est pas seulement plein de fleur, mais aussi plein d’espoir.

Une Jument nommée Plume trotte non loin, de l’autre coté de la clôture.

Elle est grise, sa crinière est noire. Elle est belle et majestueuse. Sur son dos, nos corps forment une harmonie parfaite. Nos balades sont cool, trop pour elle peut être, car de temps en temps, de sa propre initiative elle se met à galoper à la cadence d’un lièvre. Puis elle reprend un trot léger en remuant son popotin. Elle est vraiment fière de sa décision, je la laisse faire ma compagne, complice de mes états d’âmes. Quand je suis mélancolique elle le sent, elle se dandine et hennie fortement. Peut être pour me faire rire ou pour me secouer, j’ai confiance en elle.

 

Ma maison est en bois et écologique, c’est pour cela que je la nomme cabane. L’intérieur est confortable, une isolation au top. Elle est petite, mais bien faite et très lumineuse. Ma chambre, est au raz des pâquerettes. Quand le matin j’ouvre mes volets, un tapis de petites fleurs sauvages me fait la révérence. Une autre pièce, qui me sert de bureau, et de temps en temps de pièce à dormir, si l’occasion se présente. Une jolie salle de bains décorée de petits carreaux jaune paille, vert tilleul et blanc. Un listel de branches d’oliviers fini joliment l’ensemble qui ressemble à un tableau provençal. Un lavabo en forme de coquille jaune paille, posé sur un plateau en granit Juparana de couleur miel, donne un charme fou à cette salle d’eau. La cuisine, est semi ouverte et simple, mais elle me plait. L’essentiel, tel que le frigo et la cuisinière sont cachés derrière une cloison de claustras. Si vous pénétrez dans mon salon vous y verrez un piano blanc. Il n’est pas à queue, il tiendrait trop de place. Il est droit contre le mur tout près de la baie vitrée. Quand je pianote, je jette un œil sur mon jardin. Je plonge sur trois oliviers magnifiques,  ils ne sont pas centenaires mais ils ont fière allure. Je rajoute que j’ai des olives, ho ! Pas des tonnes mais de quoi agrémenter mes petites salades, évidemment après préparation dans la saumure.

 

Une vraie cheminée provençale trône au milieu du mur qui sépare le salon de la deuxième chambre. Elle  n’est pas grande, mais charmante en pierre blanche. Une grande baie vitrée illumine le salon et plonge dans mon jardin. Mon jardin n’est pas immense, mais des fleurs il y en a partout : des rosiers grimpants, à tige également, et même sous forme de buisson de mille couleurs. Une haie de lavandes délimite la terrasse du jardin. Une glycine coure et s’enroule sur le grillage qui sépare mon paradis avec le champ du voisin, Monsieur Crespin. C’est lui qui m’a vendu mes 600 m2 de terrain. Il me l’a cédé pour une boucher de main, l’argent n’étant pas sa priorité. Nous avons tout de même passé un accord. Quand il part en vacances je m’occupe de ses trois chevaux et de ses poules. Aucun papier n’a été signé, juste une confiance l’un vers l’autre.

 

Au fond à gauche, dans un joli espace de verdure, se dresse une rocaille. Elle est ruisselante d’une eau limpide qui coule dans un bac. Tout a été monté, pierre par pierre des mains de Christophe, mon enfant. Il a bientôt trente ans, mais j’aime dire mon enfant, statue qu’il gardera jusqu’à la fin de ma vie. Il est du genre cool, mon enfant. Il a, dans son regard un petit quelque chose qui détend.

Il est là, près de moi, une oreille attentive à mes mots. Mes délires et mon naturel le font rire. Quand j’ai l’air désolé, il me dit  - Mais maman reste comme tu es, tu le mérite.

Quand je le voie, et qu’il me parle de sa voix d’homme, je me dis que j’ai de la chance. Quand nous parlons tous les deux, je me sens importante, j’ai à nouveau confiance en moi. Il est à l’écoute de mes maux.

Ni il ne juge, ni ne critique, il me console, il me calme et me fais comprendre qu’il est là. Il a une force mental que j’admire. Il est ma chaire, il est mon sang, nous ne sommes guère différent. C’est mon enfant. Claire, ma fille, elle est différente. Elle vit toujours ailleurs. De la France elle passe aux Etats-Unis, puis la France et maintenant en Suisse plus précisément à Lausanne. Quand, ma fille prendra t’elle le temps de me faire un petit enfant ?

Je poursuis un rêve. Je ne me souviens pas d’en avoir fait de beau étant petite fille, mais maintenant je me rattrape bien.

Quand j’écris, je me sens libre. Libre de ma vie, libre de mes soucis, et de m’exprimer comme je le sens. Libre également de ne pas être angoissée et de la peur de mal faire. Des petits tracas qui pourrissent la vie.

Je sais qu’un ange veille sur moi, sur mes délires et maintenant j’en ai la preuve. Il sent bon la Provence et ses essences.

Par moment, je me sens bohémienne, vagabonde de mes envies.

L’envie d’aller de partout, de changer de vie, dix fois, cent fois, pourquoi pas ?

Je suis coupable de n’avoir rien fait pour un avenir de femme libre.

 

Pour l’instant je suis bien, dans mon jardin, assise sur un banc tout près de ma rocaille en plein soleil, en lisant un livre de Colette, « la ronde des bêtes »         

                                                                            

 J’ai découvert au travers de sa vie et de ses écrits quelques points en commun. Ho ! Très peu, mais pas des moindres, entre autre les chats. Il fait chaud, une odeur de chèvrefeuille et de jasmin titille mes narines.

  

Elle est là, ma rousse, toute pompette. Elle se tortille dans tous les sens, dans l’herbe jaunie par notre ami l’astre.  Ca lui grattouille un peu cette herbe sèche, mais elle aime.

Elle imprègne son odeur, elle y laisse quelques poils en sachant très bien qu’à cet endroit là, aucun autre animal de son espèce ne viendra s’y frictionner. Elle sent mon regard, elle aime ça et continue de plus belle. Elle s’étire, saute par-dessus une brindille, peste contre une guêpe qui a eu le malheur de se poser sur son oreille. Une fois son cirque terminé elle vient se pelotonner sur mes genoux. Mes mains glissent dans ses poils angora couleur rouille. Elle ronronne, émet de tous petits miaulements en se tournant pour que je n’oublie pas de lui gratter le ventre.

Par contre il faut éviter son popotin et sa queue, alors là si j’ai le malheur de la caresser, elle rage, me lance un regard mauvais et de sa bouche, me lance des insultes :

 

-          Méchante maîtresse, fait gaffe je risque de sortir mes griffes.

 

Puis, de suite elle se souvient des croquettes du matin et de la pâtée du soir. Elle bondit sur le sol,  s’éloigne et passe ses nerfs sur le tronc de l’eucalyptus.

Ma petite roussette à du caractère, un sacré tempérament, ho ! Comme tout les félins. Ils veulent être indépendants, choisir le moment qui leur convient pour les câlins,  quand ils ont envies de jouer.

Quand arrive l’heure du repas, Gribouille à une horloge dans la tête qui fait « tic, tac, tic, tac entre 6h et 7h du matin dès que je me lève et en fin d’après midi 19h et 20h. Si j’ai le malheur de traîner elle commence par se frotter contre ma jambe droite. Si cela ne suffit pas, la gauche. Si je ne réagie toujours pas, elle me joue un concert.

 

-          Miaou, maou ou ou, ouaou, ouaou et de plus en plus fort.

 

Un vrai vacarme, qui m’oblige à tout laisser tomber pour m’occuper d’elle. Et voici, mademoiselle est servie. Au début elle se précipite dessus, puis après avoir dégusté quelques boulettes, elle se retourne vite voir si un autre animal ne serait pas là, derrière afin de lui piquer son repas. Une fois rassurée, elle continue sa dégustation. Mais encore pire, elle a horreur de manger seule dans la cuisine. Si j’ai le malheur de partir et d’éteindre la lumière, elle couine et me cherche. Elle me cherche dans tout les recoins de la maison et : Re miaou, miaou et ainsi de suite. Je l’observe, je vois bien qu’elle me parle.

 

-          Bon sens, tu pourrais rester dans la cuisine, arrête de me plonger dans le noir à     chaque fois. c’est angoissant enfin !

 

Maintenant j’ai pris l’habitude de la servir en même temps que moi, et tout va pour le mieux. Quel mauvais caractère. Une fois sa pâtée terminée, elle s’éloigne de sa gamelle, se plante devant la baie vitrée et commence à se laver.

     

Elle commence derrière les oreilles, puis les pattes, elle s’écroule au sol pour entamer le ventre, le dos pour terminer par sa queue. Elle en fait des choses après manger. Elle se poste devant la porte. Elle attend patiemment qu’elle s’ouvre, rien, puis elle s’impatiente et comme à son habitude elle m’appelle.

 

-          Alors, maîtresse tu l’ouvres cette porte ? tu fais quoi ? je vais attendre encore longtemps ?

J’ai envie de pisser moi.

 

Elle fait le tour de la maison. Je pense qu’elle doit veiller à ce qu’aucun autre chat ne vienne dresser sa tente pour la nuit dans son jardin. Une fois l’inspection terminée elle passe par la terrasse, se plante devant la fenêtre. Pour la taquiner, je ne la fais pas rentrer de suite, mais elle ne tarde pas à ouvrir sa gueule et montre ses canines.

 

Gribouille, ce qu’elle préfère le plus, c’est le soir devant la télé. Comme j’allonge mais jambe sur un pouf, elle trouve cela pratique.

Elle saute sur mes jambes et s’allonge, s’allonge tant, que je pourrais connaître sa longueur totale d’un bout de sa patte à son museau. Elle ferme ses petits yeux et peut être pour qu’aucune lumière ne pénètre ses paupières elle pose ses deux pattes dessus. Elle est bien, détendue, elle a confiance. Elle sait que je suis là, que je veille sur elle. Mes mains caressantes la rassurent. Si je vais un peu trop loin, là où elle n’aime pas, elle grogne un peu. Je n’insiste pas, je respecte son repos.

   

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19:35 Écrit par Estrella Santos dans divers | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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